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La théorie des couleurs – partie 1

S’il est bien un sujet qui fait débat et qui revient régulièrement sur les différents groupes de conversation forum/facebook/blog, c’est bien tout ce qui touche à la théorie des couleurs. Comment choisir les couleurs à poser sur sa figurine pour une belle harmonie ? Comment réaliser des contrastes séduisants à l’oeil ? En sommes, comment utiliser judicieusement les couleurs pour sublimer une figurine ? C’est ce que nous allons essayer de voir ensemble au travers de cette série d’articles.

Je tiens à préciser dès à présent que le contenu de ces articles est issu de diverses sources d’informations, livres, vidéos, discussions, articles variés. Je ne cherche pas ici à couvrir de manière exhaustive l’intégralité de la théorie des couleurs (je ne suis même pas sûr que ce soit possible), ni exposer une vérité universelle. Mais plutôt te donner les grandes lignes, en rentrant autant que faire ce peut dans le détails pour avoir une bonne base théorique. Les articles évoluerons probablement, en fonction des nouvelles informations que je glanerai et des commentaires que je pourrais recevoir. Ceci étant dit, commençons à entrer dans le vif du sujet !!

La théorie des couleurs

La théorie des couleurs, c’est quoi ?

De quoi parle-t-on ?

Tout d’abord, précisons de quoi on parle ici. Bah oui, ça veut dire quoi exactement ? Ma définition tout à fait personnelle serait : La théorie des couleurs est une science qui regroupe l’ensemble des connaissances sur les propriétés de la couleur, les interactions entre les différentes couleurs et la perception que nous en avons. J’insiste bien sur la dernière phrase, qui est peut-être même la plus importante : il s’agit bien là d’une perception, d’une interprétation de l’oeil, face à un phénomène physico-chimique. Ou plutôt, un interprétation du cerveau devant l’information transmise par l’oeil. D’ores-et-déjà, on peut constater qu’il s’agit donc ici d’un domaine où le consensus n’existe pas, où la vérité générale ne peut être que légende, pour la simple et bonne raison que les couleurs sont perçues différemment par chacun.

Et oui, demandez à un daltonien (cas extrême bien évidemment) son avis sur une figurine, ma main à couper qu’il ne la verra pas tout à fait du même œil (c’est Jean-Michel Humour, merci beaucoup !!!)

La couleur et les émotions

Ceci étant dit, force est de constater que les couleurs sont un élément incroyablement puissant pour véhiculer des émotions. Comme je l’ai abordé dans mon article sur les bienfaits de la peinture sur figurine, notre éducation, notre société, notre histoire personnelle, nous ont inculqué une manière d’interpréter les couleurs… ou l’absence de couleur. Un environnement totalement blanc tend à miner le moral, tandis que le contact des couleurs stimule le cerveau. Et de la même manière, le vert est associé à la nature, à l’espoir, tandis que le rouge est associé à la force, à la guerre mais aussi à la passion.

D’ailleurs, il est possible de décliner encore ces associations pour les nuances de ces couleurs : un bleu roi, comme son nom l’indique, est associé à la royauté, à la richesse. Alors qu’un bleu turquoise nous propulse plutôt du côté des îles paradisiaques des caraïbes.

Bref, vous l’aurez compris, les couleurs véhicules des émotions, des ressentis. Et c’est aussi de cela dont nous allons parler.

Théorie des couleurs : les interactions

Un autre point qui entre en compte dans la théorie des couleurs, et pas des moindres, concerne les interactions entre celles-ci. Même si la couleur perçue peut être différente d’une personne à l’autre, un mélange entre deux couleurs, dans des proportions données, mènera toujours au même résultat. Les couleurs interagissent entre-elles pour donner de nouvelles couleurs, c’est un fait. Mais comment savoir à l’avance ce qu’un mélange va donner ? Pas évident ! C’est d’ailleurs un sujet récurrent en peinture sur figurine. Comment faire mes propres mélanges pour obtenir une teinte en particulier ?

Deux éléments sont importants : bien comprendre le cercle chromatique (on y reviendra plus loin) et observer le monde réel. Jérémy Bonamant l’explique très bien dans son Grand livre de la peinture sur figurine, nous ne connaissons pas les couleurs de la nature. Si on dessine un arbre, on le fait avec un tronc marron et un feuillage vert, le tout de manière très saturé. Or, la nature nous offre mille et une nuances de ces couleurs. Chaque tronc, chaque feuille, possède des centaines de variations de teintes. Observer et comprendre cela fait aussi partie de la théorie des couleurs. On reviendra sur ces interaction dans un second temps. Pour l’instant, attaquons-nous au vif du sujet : la définition de la couleur.

Une couleur, c’est quoi ?

La teinte (ou nuance)

La teinte d’une couleur est la notion que l’on perçoit en premier. Dans leur forme “pure”, chaque couleur est issue de la décomposition du spectre de la lumière blanche, chaque teinte correspondant à une longueur d’onde. Cette longueur d’onde est captée par notre œil et interprétée par notre cerveau… c’est ce qui donne la “couleur” comme on l’entend dans sa forme la plus simple : bleu, jaune, rouge, etc… Je ne vais pas rentrer plus dans les détails “scientifiques”, mais pour ceux que ça intéresse, cet article va un tout petit peu plus loin sur la décomposition du spectre lumineux par Newton.
Mais évidemment, la teinte ne se suffit pas à elle-même pour définir une couleur dans son entièreté. Un rouge peut être éclatant ou à l’inverse très désaturé. Il peut être sombre ou extrêmement lumineux. Et cela est définit par la clarté et la saturation de la couleur.

La clarté (ou luminosité ou valeur)

Pour comprendre les notions de clarté et de saturation qui donnent toute la complexité à une couleur, il faut imaginer la chose en 3D, sous la forme d’une boule (et je dis bien boule, pas sphère, volontairement). On a tout d’abord un cercle (le cercle chromatique), qui reprend “l’ensemble” des teintes. Je mets “ensemble” entre guillemets car évidemment, ces teintes sont déclinables à l’infini. Chaque cercle chromatique sera donc plus où moins nuancé. Mais quel que soit le cercle, les couleurs sont pures, c’est à dire à saturation maximale.

Cercle chromatique simple
Le cercle chromatique

La clarté vient représenter la luminosité de la couleur. Plus on sera “lumineux”, plus la couleur se rapprochera du blanc. Sur la gamme d’une teinte, on retrouve donc toutes les clartés du noir jusqu’au blanc, en passant au milieu par la couleur pure. Si on prend par exemple la palette de couleur dans les logiciels Power Point ou Photoshop, on voit parfaitement cela sur le bord à droite, comme tu peux le voir ci-dessous avec du bleu (j’ai grisé la palette pour ne pas focalisé sur l’endroit dont je parle).

Clarté de la couleur

On a bien ici dans l’exemple le bleu neutre, qui va jusqu’au noir dans sa partie la plus sombre, et jusqu’au blanc dans sa partie la plus lumineuse. Attention cependant : cela ne veut pas dire que pour ombrer une couleur, il faut ajouter forcément du noir. A l’inverse, éclaircir une couleur ne demande pas systématiquement d’ajouter du blanc. Mais dans la théorie, en effet, la teinte s’étire jusqu’à ces deux extrêmes.

A ce stade, on peut schématiser tout cela par une sphère. Chaque point à l’extérieur de cette sphère est donc un mélange très précis entre teinte et luminosité.

La saturation (ou intensité)

Donc si tu as suivi, tu dois te dire : ok, on a une sphère, mais tu parlais d’une boule ! Et là je te réponds… et oui, bien joué, voici un BON POINT 😀
Et oui, pour arriver à l’image de la boule, il faut ajouter la saturation. Car on l’a dit, le cercle chromatique possède des couleurs pures, donc 100% saturées. La clarté ajoute plus ou moins de blanc ou de noir. On a donc sur la sphère des couleurs plus ou moins claires, plus ou moins sombres, mais toutes fortement saturées, donc riches en pigments de couleur. Or, il existe également des couleurs moins saturées, plus ternes. Voici un exemple :

Clarté et saturation de la couleur

Et on arrive donc… à la boule chromatique

La saturation est le dernier élément qui vient constituer cette boule. Au plus on s’éloigne du bord, où les couleurs sont 100% saturées, au plus on perd en saturation. C’est-à-dire qu’on va se rapprocher… d’un gris ! Un peu à la manière d’un oignon, chaque couche enlever nous rapproche du centre de la boule, et fait perdre à la couleur de son intensité. Si on réfléchit par rapport à la clarté, c’est logique : le “haut” de la boule est un blanc pur, le bas de la boule est un noir pur. Le centre de la boule étant à mi-chemin entre ces deux points, on obtient… un gris pur ! CQFD 🙂
Voici un schéma qui image plutôt bien mes propos :

théorie de la couleur : la boule chromatique
Source eegp.fr

Et voilà, maintenant, tu sais définir une couleur selon ses trois variables : teinte, clarté et saturation. Je te vois déjà plein de petites étoiles dans les yeux. Tu te dis à toi-même “Wouha, toutes ses possibilités !!!!”… et d’un coup, tu te demandes “… mais comment les utiliser correctement” ?
Et bien c’est ce que nous verrons dans la partie 2, où nous aborderons les interactions entre les couleurs. Pour l’instant, je te laisse digérer ces premières informations.

J’espère que cet article t’aura plu. Si c’est le cas, je t’invite à le partager un maximum, c’est très important pour que ce blog puisse continuer à exister. Si tu as des questions ou remarques, les commentaires sont là. Il ne me reste qu’à te dire à très bientôt et d’ici là, n’oublie pas de mettre des couleurs dans ta vie 😉

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5 commentaires

  • Aline

    Merci pour ton article très complet, Guillaume ! Je ne fais pas de peinture sur figurine, mais un peu de dessin, et j’ai pu expérimenter ce que tu dis : dans la vie de tous les jours nous ne sommes absolument pas conscients de la diversité et de la richesse des couleurs… J’essaie surtout de dessiner la nature et je me sens pour l’instant encore très maladroite dans la représentation de cette richesse. Je vais étudier ton article, et j’imagine que l’entraînement est la meilleure des formations 😉
    Aline

    • Guillaume

      Merci pour ton commentaire Aline. Evidemment, l’entraînement est la meilleure des options. Pour l’agilité à représenter ce qu’on veut, mais aussi pour l’oeil, pour l’exercer à reconnaître les nuances, les variations de teintes, de clarté, de saturation. La théorie n’est là que pour orienter, guider celui qui manipule les couleur, en lui indiquant ce à quoi il doit prêter attention… ensuite, tout n’est que pratique. 😉

    • Guillaume

      Merci Valentine! C’est clair que la connaissance de ces bases théoriques sont utiles, qu’elles que soient l’art pratiqué, dès lors qu’il y a utilisation des couleurs. On va rentrer encore plus dans le détails et surtout l’application de cette théorie dans les parties suivantes 🙂

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