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Lavis Glacis, quelles différences ?

Il y a peu, j’ai fait un post sur Facebook te demandant quel était le prochain sujet que tu souhaitais que j’aborde. Olivier Prieto (merci à toi) a demandé un sujet sur les Lavis et Glacis. Comme c’est le commentaire le plus liké, je m’y attelle avec plaisir 🙂

Précision : j’ai eu pas mal de boulot ces derniers temps, je n’ai pas eu le temps de faire les photos associées à l’articles… je sais, ça manque, mais j’ai préféré publier rapidement ! Je les ajoute dès que possible 😉

Définition d’un Lavis

Le lavis dans l’histoire

La technique du lavis est, semble-t-il, originaire de Chine, et date du VIe siècle. C’est cette technique qui est habituellement très reconnaissable sur les peinture de paysages typiques ou les décorations des éventails, dit à “l’encre de Chine”. Elle se répand dans un premier temps dans toute l’Asie du Sud-Est et le Japon aux alentours du Xe siècle et n’arrivera que bien plus tard en Europe.

Concrètement, il s’agit d’une technique qui vise à n’utiliser qu’une seule couleur, fortement diluée, pour obtenir des variations d’intensité de couleur.

Le lavis en peinture sur figurine

Dans notre hobby, nous utilisons le terme Lavis dans le sens de son “extension”. Il s’agit de l’utilisation d’une couleur très diluée sur d’autres couleurs, plus intense. L’objectif ici est, comme souvent en peinture sur fig, de jouer sur la transparence pour obtenir des effets particuliers.

Notre utilisation de la peinture sur des supports en 3D rend l’utilisation de cette technique particulièrement adaptée à l’assombrissement des creux, avec des teintes foncées. On obtient ainsi facilement un voile, transparent sur les arrêtes et reliefs, et intense dans les creux, simulant une ombre naturelle.

Gamme de lavis

Cette technique étant très répandue en peinture sur figurine, les fabricants de peinture acrylique ont développé tout un tas de peinture spécialement pour les lavis. En voici quelques-unes :

La liste n’est pas exhaustive mais reprend déjà quelques gamme bien complètes de lavis. Les Soft tone, Strong tone et Dark tone d’army painter sont très plébiscités, mais je ne les ai personnellement jamais testé.

Définition d’un glacis

Le glacis dans l’histoire

Tout comme la technique du lavis, le glacis possède sa petite histoire. Il nous vient de la peinture à l’huile. A l’origine, située pendant la Renaissance en provenance des Pays-Bas, le glacis était la technique de base de cette méthode de peinture. Afin d’obtenir des couleurs riches, les peintres utilisaient la transparence de la peinture en une multitude de couches successives. Cela procure à la peinture une grande profondeur. En effet, la couche de glacis étant en surface, elle exprime complètement sa couleur, là où un mélange est plus difficile à lire par l’œil.

Le glacis dans la peinture sur figurine

A l’inverse du lavis, le glacis est utilisé dans sa version historique en peinture sur figurine. Sur une couche de base et opaque, on vient déposer un voile translucide coloré, le glacis, afin de teinter par superposition la couche du dessous. C’est un procédé très utilisé en peinture d’exposition, du fait de sa finesse et de la richesse des teintes ainsi obtenues. Cependant, du fait de l’aspect translucide de la peinture, c’est un procédé long, d’où son utilisation en peinture de concours plus qu’en peinture de masse/d’armée.

C’est typiquement cette technique qui sera souvent utilisée pour enrichir la carnation d’une peau, pour la peinture d’un vêtement transparent, ou encore pour réaliser des reflets et halos de lumière.

Gamme de glacis

A ma connaissance, il n’existe pas de gamme de “glacis” à proprement parlé. Dans le sens d’une peinture prête à l’emploi. Tout est question de dilution et de charge du pinceau dans cette technique, il est donc difficile de créer une recette miracle. Par contre, il existe des gammes de peinture pouvant servir de très bonne base pour cette technique.

Ici non plus, la liste n’est pas exhaustive, je ne parle que de ce que je connais.

Lavis, Glacis – en pratique ça donne quoi ?

Principales différence

Lavis, Glacis, la différence est souvent floue pour les peinture, notamment les novices. Dans les deux cas, on est sur une technique qui joue sur la transparence de la peinture et utilise les couches inférieures. Tout à fait normal qu’on s’y perde un peu. C’est d’ailleurs pour ça que le très bon Dimitri de la chaîne Youtube Minisocles, dans sa vidéo sur les glacis et lavis, parle de “glavis”. Un terme qui démontre bien que lavis et glacis sont très proches, à tel point qu’ils peuvent se confondre en une seule technique.

La principale différence, finalement, ne se joue pas sur la peinture en elle-même, mais plutôt sur son utilisation. Un lavis est une couche très diluée de peinture sombre qui va venir ombrer les creux de la figurine. Elle utilise la présence des pigments dans la peinture, plus lourds que le médium, et la gravité qui va les faire tomber et se concentrer dans les creux. De fait, on retrouve une peinture chargée en pigment et opaque dans les creux, et une peinture fine et translucide sur les reliefs. On va alors créer un ombrage relativement naturel (comme j’ai pu en user abondamment lors de ma peinture de zombicide). Mais il est à noter que le filtre de peinture n’a pas la même intensité sur l’ensemble de la zone traitée.

A l’inverse, le glacis est fait pour déposer une couche uniforme sur l’ensemble de la zone. On ne va pas chercher à pousser/tirer les pigments dans les creux. Au contraire, on va vouloir les répartir uniformément sur la zone de travail. L’idée est ici de colorer, de teinter une zone, sans différencier les zones de creux et de relief.

Quand et comment faire un lavis ?

Comme dit plus haut, un lavis est donc utilisé pour ombrer des zones de creux. Je te recommande, dans la mesure du possible, d’utiliser une couleur assez proche de ta teinte de base, en plus sombre. Si tu prends quelque chose de trop éloigné, tu risques d’avoir une ombre trop franche, trop marquée. Prenons l’exemple le plus parlant : ombrer du blanc. Si tu arrives avec un lavis noir type Nuln Oil, tu va avoir une ombre trop sombre, et un rendu sale avec des petites tâches. Mieux vaut partir sur un lavis gris, quitte à passer plusieurs couches.

Pour l’appliquer, il faut prendre une bonne charge de peinture sur le pinceau. Tu vas ensuite venir appliquer le lavis depuis la zone la plus claire jusque dans le creux. Tu vas ainsi tirer les pigments dans le creux, pour qu’ils s’y accumulent. Une fois les premiers coups de pinceaux appliqués, il y a souvent une accumulation forte de lavis dans les creux, et des petits résidus de peinture sur les reliefs. Avec un pinceau rincé, tu vas délicatement tirer les tâches et auréoles résiduelles des reliefs vers les creux pour avoir une surface propre. Toujours avec un pinceau déchargé, tu vas également venir aspirer un peu du surplus accumuler, afin d’éviter la formation de grosses tâches sombres.

Ensuite, il ne reste plus qu’à attendre que ça sèche (et c’est long ^^). Tu peux, comme toujours, accélérer le processus en utilisant un sèche-cheveux.

Quand et comment faire une glacis ?

Le glacis est donc utiliser pour colorer une zone. Sur un visage, par exemple, c’est une technique intéressante pour colorer les cernes dans une teinte tirant sur le violet, les joues et les oreilles sur des tons plus rougeâtres, ou encore simuler une barbe de 3 jours. A l’inverse du lavis, on peut se permettre de prendre une teinte plus éloignée de la couleur de base. En effet, on est ici sur un voile très fin, qui va donner des reflets plutôt qu’une couleur profonde. On peut donc se permettre un peu plus de libertés.

Pour l’application, donc, c’est assez différent du lavis. Déjà, il faut que le pinceau soit très peu chargé. Se contenter de remplir la pointe est suffisant. Si tu prends trop de peinture, tu vas te retrouver avec des grosses auréoles toutes dégueux… et pénible à rattraper. Donc charges peu ton pinceau, c’est la clé. Ensuite, tu vas délicatement appliquer cette petite pellicule de peinture sur la zone de travail.
Ici, ne tire pas les pigments vers les creux. Il faut que ce soit le plus uniforme possible. Si toutefois tu veux que la couleur soit plus intense à un endroit précis, c’est par là que tu vas devoir tirer les pigments. Par exemple, tu peux ombrer ou éclaircir avec cette méthode. Alors les pigments seront tirés vers le point le plus sombre ou le point le plus clair.

L’avantage, à l’inverse du lavis, c’est que la couche est tellement fine qu’elle sèche très rapidement. Il te suffit de souffler un peu dessus, et hop, tu peux passer la couche suivante.

Lavis, Glacis, des techniques complémentaires

Au final, tu l’auras compris, les deux techniques sont différentes, certes, mais extrêmement liées. L’important se joue plutôt sur la charge du pinceau et sur l’application de la peinture, plus que sur la texture en elle-même.

Je pense qu’il est intéressant de travailler les deux techniques, qui sont vraiment complémentaires et, une fois maîtrisées, permettent de s’adapter à toutes les situations de peinture. A noter que, généralement, c’est la technique du lavis qui sera utilisée en priorité, car il s’agit d’une méthode plus rapide et (un peu) moins précise. Donc forcément plus adaptée aux débutants !

Et voilà, j’espère que cet article te permet d’y voir plus clair sur les lavis et glacis ! Comme à mon habitude, il ne me reste plus qu’à te dire à bientôt et surtout, n’oublie pas de mettre des couleurs dans ta vie 😉

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